Depuis quelques années, on parle d’ « evidence-based medicine » – ou médecine fondée sur les faits. Il s’agit d’une approche de la médecine et des soins qui veut voir la partie laissée à l’intuition du thérapeute dans le choix de la thérapie laisser sa place à des preuves et des connaissances contrôlées.
La médecine fondée sur les faits possède donc deux piliers fondamentaux :
- les connaissances scientifiques : les sources scientifiques provenant d’écrits scientifiques contrôlés, c’est-à-dire publiés dans des revues dotés d’un comité de rédaction,
- les expériences : la connaissance scientifique doit aussi être évaluée dans sa capacité à fournir des preuves et à se baser sur des expériences sérieuses, confirmées, qui prennent en compte tous les biais d’une preuve scientifique en médecine, etc.
Le bon médecin ne se limite donc pas à son expérience, mais consulte la recherche publiée afin d’évaluer ses traitements, et sait aussi évaluer la valeur scientifique des écrits qu’il consulte. Pour cela, il est aidé par des instruments, comme la Cochrane Collaboration, qui rassemblent des études contrôlées et randomisées sur une certaine pratique médicale, de manière à en fournir un rapport global et à comparer les différents résultats de manière systématique. Les preuves les plus solides viennent des rapports systématiques des études randomisées en double-aveugle avec un contrôle de l’effet placebo – donc des tests qui prennent en compte tous les biais possibles dans une preuve médicale.
Un choix thérapeutique peut donc être fondé sur des preuves n’ayant pas la même qualité, mais il est important d’en avoir conscience quand on fait son choix. Exemples :
1. Preuves basées sur des tests cliniques bien manoeuvrés, contrôlés, randomisés et dotés d’études longitudinales
2. La même chose mais sans randomisation
3. Preuves basées sur des études bien manoeuvrées, longitudinales, ou sur des études épidémiologiques qui comparent des sujets qui présentent une certaine condition et ceux qui ne la présentent pas
4. Opinions d’autorité dans la matière, basées sur l’expérience.
A quoi tout cela rime-t-il dans le domaine de l’éducation ?
Peut-on avoir une « evidence-based education » ? Et quels en seraient les piliers?
Car il ne suffit pas de dire qu’il nous faut des preuves et des connaissances scientifiques, il faut aussi savoir lesquelles sont pertinentes :
- quels domaines de recherche sont pertinents pour l’éducation : les sciences de la cognition, la psychologie expérimentale, les neurosciences, et quoi d’autre ? L’intelligence artificielle ?
- quelles méthodes d’évaluation adopter ? Et quelles conséquences l’adoption d’une certaine méthode aurait sur le système éducatif en général ?
Le premier point : celui des connaissances scientifiques susceptibles d’améliorer les méthodes et résultats de l’éducation, est au centre du discours sur la neuroéducation et la science de l’éducation ; en voici un exemple :
- The Dana Foundation. The science of education
Le deuxième point : le problème de l’évaluation et de la constitution de preuves concernant « ce qui fonctionne » en éducation est au centre de l’approche du gouvernement des Etats-Unis, avec son programme No Child Left Behind:
- Doing what works. Research-based education practices online
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